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Les aventures de Robinson Crusoé

Daniel Defoë publie Robinson Crusoé en 1718, un an après la réédition du récit des aventures de Selkirk, un marin écossais qui vécut seul sur une île plus de quatre ans. Il bâtit sur cette trame qui captivera des générations d'enfants, un roman philosophique où il confronte sa société, sa religion et sa civilisation, à ce qui n'en fait pas partie. Il séduit aussi les grands, en particulier Jean-Jacques Rousseau, qui fait de cette oeuvre de Defoë la première à mettre entre les mains de son Emile.

Robinson Crusoé vivra la même solitude que Selkirk durant 25 ans, avec pour seuls compagnons deux chats, un chien et un perroquet, qui aura ainsi l'occasion de s'initier à l'anglais. C'est après cette improbable solitude, toute occupée à s'aménager un habitat aussi confortable que protégé, à semer son orge et à multiplier ses chèvres, qu'il sauve Vendredi de voisins anthropophages qui l'avaient amené sur son île pour en faire leur pique-nique.

Quelques années plus tard, les mutins d'un navire anglais qui passait par là, débarquent leur capitaine. Robinson Crusoé intervient à point pour le délivrer, et déployant force ruse et stratégie, il reprend le contrôle du vaisseau, où il rend force à la loi et autorité au capitaine.

Robinson Crusoé va pouvoir rentrer au pays. Il propose aux mutins désormais promis à la pendaison, de prendre sa place sur l'île et d'en poursuivre l'exploitation pour assurer leur subsistance.

Commence ensuite une autre aventure moins connue, où Robinson Crusoé traverse la Chine et la Russie, avec des combats encore plus extraordinaires, contre les loups ou les Tartares, d'autres sauvages que le christianisme n'a pas encore civilisés.

Robinson Crusoé oppose tout au long de ses récits, les gens civilisés et de parole, à ceux auxquels on ne peut se fier et aux sauvages. En bon protestant, il n'aime pas trop les catholiques avec leurs rites et leur fanatisme, et encore moins les religions païennes où l'on est prêt à adorer n'importe quoi.

Ses récits sont un mélange d'aventures extraordinaires, de combats menés avec des ruses de Sioux, d'alliances solides fondées sur l'amitié, mais aussi de recherche de confort et d'acquiescement à l'esclavage.

Ceux qui pensent et agissent autrement que nous sont généralement défaits ou tournés en ridicule. C'est également ce contentement rassurant que nous offrira Hergé deux siècles plus tard, derrière le plaisir que nous prenons à suivre Tintin dans ses aventures. Au passage, un Tintin en Irak parodique, jusqu’à être un tantinet anti-arabe et nettement anti-Bush. Mais il met tout le monde dos à dos, le second degré est délicieux, comme Ségolène en Castafiore.

La démarche philosophique présente l'intérêt de ne pas être conduite en chambre, mais élaborée en situation. Defoë a d'ailleurs connu autant de désastres financiers que son héros de naufrages. Cette démarche se donne-t-elle pour autant les moyens d'un décalage critique?

Elle reste l'affirmation d'une foi dans les valeurs de l'époque, d'autant plus perceptible, que l'interrogation sur ces valeurs se fait par une exploration de leurs limites, géographiques, culturelles et spirituelles, par le truchement des aventures qui nous sont contées.

Reste un mystère: si Robinson Crusoé a pratiquement parlé de tout, s'il a longuement exalté l'amitié, s'il s'est abondamment exprimé sur les sauvages, Defoë l'a très peu fait parler des femmes.

Seules trois ou quatre phrases leurs sont consacrées. On apprend qu'il s'est marié à son retour en Angleterre, "non à mon désavantage ou à mon déplaisir" comme il l'admet, qu'il eut trois enfants, puis que sa femme mourut.

Il n'a pas oublié les mutins laissés sur son île: il leur expédie du Brésil "sept femmes que j'avais trouvées propres pour le service ou pour le mariage, si quelqu'un en voulait". Attention particulière pour ses compatriotes: les Anglais eurent droit, à condition d'accepter de poursuivre la mise en valeur de l'île, "à des femmes d'Angleterre avec une bonne cargaison d'objets de nécessité".
 

 

Robinson Crusoé embarque pour la première fois en 1651 à Hull
pour Londres, à l'invitation d'un ami: premier naufrage en rade de Yarmouth.

 

Second naufrage dix ans plus tard dans les Caraïbes.
Robinson Crusoé gagne à la nage une île de l'embouchure de l'Orénoque.

 

Robinson Crusoé organise sa nouvelle vie:
fabrication d'une ombrelle, à gauche l'échelle d'accès à son logis protégé.

 

Vendredi, qu'il sauve des anthropophages qui
l'avaient débarqué pour le dévorer, devient son esclave et son ami.

 

Récupération de vivres et de vêtements
à l'aide de Vendredi, sur l'épave d'un navire (lequel?) échoué au large.

 

Vendredi est initié aux délices de la cuisine non anthropophagique.
Il renoncera désormais à manger ses prisonniers.

 

Coup de feu contre les sauvages anthropophagiques
(d'où proviennent ces vêtements civilisés?)

 

Robinson Crusoé retrouve ses parents à Londres en 1687,
accompagné de Vendredi son fidèle serviteur.

 

Huit vues non datées pour lanterne magique,
imprimées au tampon sur verre (Collection de Pierre).

Le partie imprimée, d'un diamètre de 28 mm,
est prise entre deux plaques de verre de 80 mm x 50 mm.

Les costumes évoquent la fin de l'époque Napoléon III (1860)
d'après Ricochet-Jeunes, les illustrations seraient de Gavarni (1861).

Qui peut nous aider à compléter nos informations?


Pour compléter votre information: Litté-ratures / La Boucherie / Ricochet-Jeunes / MegaSpider / Ecoles de Terre-Neuve / les robinsonnades par Eric Schlag den Hauffen
 

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